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Interview Argaly

« On avait envie de s’engager pour protéger la diversité grâce à notre outil ». Visionnez l’interview de la société Argaly 

Aujourd’hui, retrouvez l’interview d’Argaly représenté par Marie Pierron cofondatrice et codirigeante d’Argaly. L’interview est réalisé Rémy Barbeault directeur chez Auvalie Innovation.

Rémy : Bonjour Marie Pierron, vous êtes cofondatrice de la société Argaly créée en 2017. Une société experte en évaluation de la biodiversité à partir de l’ADN environnemental.

Alors pour ceux qui nous lisent ou nous écoutent, L’ADN environnemental est un outil qui nous permet d’analyser les traces d’ADN laissé par les organismes vivants.
Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus ? Et surtout dans quel cadre on s’en sert ?

Marie : L’ADN environnemental est l’idée d’aller rechercher dans l’ADN toutes les traces. Et cela peut être des organismes vivants, mais aussi des organismes morts. Donc ça peut être des bactéries, des champignons, des animaux, des végétaux. C’est assez large en fait, on peut toucher des espèces de façon très globale. Et on peut aussi aller travailler sur différentes matrices. Ça peut être du sol, de l’eau, du sédiment. On peut aussi travailler sur des poils, des excréments. Les matrices sont donc très variées. Après on peut aussi aller sur des matrices en développement typiquement l’air ou ce genre de chose.

R : Je lisais sur votre site que l’idée est de réaliser des inventaires de biodiversité. Dans quel cadre on fait ces inventaires ?

M : On peut faire des inventaires de biodiversité dans le cadre de suivi notamment pour des parcs par exemple qui ont des suivis réguliers ou dans le cadre d’étude d’impact ou l’on va aller regarder si tel projet a un impact sur telle biodiversité.

R : Et vos clients aujourd’hui ce sont des laboratoires qui vous amènent des échantillons à étudier ou ce sont des industriels qui veulent faire une étude d’impact et vous gérez tout ?

M : Le laboratoire c’est plutôt nous et les clients vont aller faire leur prélèvement généralement. On peut aussi le faire à leur place, mais sinon les clients ça peut être des bureaux d’étude, des industriels notamment sur tout ce qui est sites et sols pollués, des associations aussi qui sont sur de la protection ou de la conservation d’espèce, des universitaires dans le cadre de projets de recherches, c’est très varié.

R : Qu’est-ce qui vous a amené à créer il y a 3 ans et demi Argaly avec Eva Bellemain qui est donc la cofondatrice, vous sortiez d’un même labo ?

M : Oui, on travaillait déjà ensemble avant et c’est vrai que l’on avait vraiment envie de s’engager et de protéger la biodiversité grâce à cet outil. À l’époque les propositions pour travailler sur les milieux terrestres n’existaient pas ou alors très peu. On a vraiment voulu développer cet outil sur les milieux terrestres, on voit très bien qu’aujourd’hui les sols on en a besoin, l’idée était vraiment d’utiliser cet outil pour travailler sur les sols.

R : Vous parliez de ce qui existait ou à la marge, Qu’est ce qui aujourd’hui démarque Argaly soit au niveau des outils ou des méthodes des autres solutions qui existent ?

M : Ce que nous démarque aujourd’hui, c’est d’abord l’aspect orienté sur les milieux terrestres, la concurrence est principalement sur le milieu aquatique et au niveau terrestre ce qui est beaucoup proposé à l’heure actuelle sont des analyses très ciblées et nous nous allons proposer des analyses plus globales. On va aller proposer du design d’amorce, c’est à dire aller cibler d’autres espèces ou d’autres groupes d’espèces qui ne sont pas encore proposées aujourd’hui. Et l’idée est aussi d’aller vers de l’analyse écologique et d’avoir des résultats plus poussé que juste un tableau Excel avec les séquences des espèces présentes dans l’environnement.

R : Dans la vie d’Argaly quels sont les succès et les difficultés que vous avez pu rencontrer lors de la création ?

M : En succès il y a la mise en place de notre laboratoire, qui est quand même une belle étape pour nous et l’entrée de notre troisième associée, Aurélie Bonin au capital il y a 1 an et demi maintenant qui est quand même un pilier dans l’entreprise, autant que Éva et moi, ça a été quand même 2 gros évènements pour Argaly. Au niveau des difficultés, le Covid, la situation Covid n’est vraiment pas simple. Là ça va très bien pour nous, mais c’est vrai que l’année dernière un peu comme tout le monde on a eu très peur. Après aujourd’hui au niveau des consommables, nos consommables sont les mêmes utilisés par les tests Covid, donc aujourd’hui c’est assez difficile pour nous d’aller trouver ces consommables la, il y a beaucoup de délais. Ça, c’est quand même un point noir pour nous qui n’est pas simple. Après arriver à gérer la croissance, c’est quand même un challenge.

R : C’est une bonne nouvelle !

M : Oui c’est une très bonne nouvelle !

R : Vous êtes installé à Grenoble c’est ça ?

M : Non on est à Saint Hélène du lac, po nets vraiment a mi-chemin entre Chambéry et Grenoble.

R : D’accord et vous intervenez dans toute la France ?

M : France et international.

R : Oui, parce que j’ai vu que vous aviez même marqué que vous pouviez repérez les expéditions pour aller sur le terrain et même sur les terrains les plus fous pour aller faire des études environnementales.

M : Tout à fait oui, comme je le disais soit le client fait sont prélèvement, soit nous on va faire le terrain a sa place. Et donc oui on peut avoir des projets à l’international sur des forêts amazoniennes ou ce genre de chose pour aller faire des prélèvements nous-mêmes.

R : Petite question supplémentaire, est-ce qu’il y a une destination qui a été complètement folle déjà depuis 2,3 ans ou pour l’instant vous n’êtes pas parti dans des contrées ultras exotiques.

M : On devait partir au Pakistan, mais ça a été repoussé à cause du Covid. Il y avait le Pakistan, l’Australie, il y a eu beaucoup de projets potentiels, mais qui ont dû être avortés.

R : Pour finir sur Argaly la société, vos ambitions futures pour les prochains mois, prochaines années ?

M : Dans nos ambitions, à court terme, ce sera déjà de l’embauche, d’avoir de nouveaux collaborateurs, d’intégrer de nouvelles personnes pour nous aider à porter le projet en fait. On commence à être dans une belle phase de croissance donc on a envie de nouveaux collaborateurs pour nous accompagner là-dedans. Après au niveau des projets ça va vraiment essayer d’avoir un outil qui va nous permettre de noter les sols, pour estimer la qualité d’un sol et notamment les sols agricoles. Il y a un réel enjeu a ce niveau-là, niveau agriculture, viticulture ou l’idée est d’utiliser cet outil de mettre une note au sol.

R : Si on peut en profiter pour en faire une petite annonce recrutement, les profils que vous aller chercher sont de quel type ?

M : C’est encore en cours de réflexion, mais c’est vrai que l’on s’oriente principalement sur un profil type technicien. Technicien évolutif pour avoir la gestion du laboratoire. Et potentiellement soit évoluer vers soit avoir une personne supplémentaire sur de la gestion de projet.

R : L’idée maintenant c’est de parler de votre métier de co-dirigeante et cofondatrice d’une jeune entreprise scientifique. Est-ce qu’il y a des choses dans votre métier qui vous font lever le matin plus que d’autres, pour lesquelles vous éprouver plus de dynamisme, plus de plaisir à vous lever le matin ?

M : Quand je sais que j’ai une mission terrain, généralement je suis très motivé pour me lever. Après c’est vraiment de façon globale. La façon que l’on a de gérer la structure, les relations que l’on a entre nous et aux alentours. Les dynamiques que l’on a interentreprises, parce que l’on a beaucoup d’accompagnement, on est beaucoup suivi notamment par le village by CA sur Le Bourget ? Ces dynamiques-là sont très stimulantes et nous donnent vraiment envie. Et puis certaines relations clients, certains projets qui sont très stimulants, quand on sait que l’on va vraiment avoir une action de protection de la biodiversité cela nous donne vraiment envie de redoubler d’effort.

R : Oui, on en discutait avec Lauranne qui vous suit, il y a une vraie envie de faire du bien à la planète.

M : Autant que possible oui.

R : Est-ce qu’il y a des entreprises ou des dirigeants qui vous inspirent ? Ou des scientifiques peut-être qui vous inspire dans votre action ?

M : Tout à fait, moi spontanément j’ai 2 personnes qui me viennent en tête. C’est Mélisse Carcasson de Ecoclean et Delphine Colombet de Capsinov. Ce sont 2 personnes que l’on connait depuis quelques années maintenant qui sont aussi dirigeantes de leurs entreprises. Et par la façon dont elles ont de gérer leurs entreprises, par toutes les valeurs qu’elles portent au quotidien et la force qu’elles mettent dans leurs projets, qui sont vraiment très inspirantes à chaque fois et l’on sent un élan à chaque fois que l’on partage des moments avec elles. C’est vrai que l’on prend pas mal de temps pour échanger avec ces personnes-là parce qu’on sent que cela nous apporte mutuellement dans nos démarches.

R : Donc vous n’en connaissez pas la fameuse solitude du dirigeant et vous avez bien raison. On est quand même parfois seul devant les grandes décisions, mais pouvoir échanger avec les confrères c’est quand même sympa.

M : Oui.

R : On dit souvent que la France est un magnifique pays pour innover, pour créer sa start-up. En 2 mots vous êtes plutôt d’accord ou plutôt pas d’accord ?

M : Oui clairement d’accord, là il n’y a pas photo, pour nous 3 profils scientifiques, et c’est vrai que depuis le départ on a presque tapis rouge pour développer notre structure. Autant en accompagnement financier qu’en accompagnement de coaching. Pour nous je ne vais pas dire que ça a été simple, mais presque au final. On a eu pas mal d’aide. Et sans ça je ne pense pas qu’on en serait là aujourd’hui. Donc oui totalement d’accord.

R : Et si c’était à refaire ?

M : Et si c’était à refaire un grand oui.

R : Sans le Covid pour pouvoir parcourir un peu plus le monde dans de jolies expéditions.

M : Oui, alors parcourir le monde raisonnablement. C’est plus que l’on est un peu limité dans nos actions à cause du Covid, mais l’on arrive très bien à avancer et se développer.

R : Dernière question avant de vous laisser, si vous deviez donner un conseil à un ou un startupper ou startuppeuse qui se lance demain dans un prochain scientifique, quel serait ce conseil ?

M : Alors déjà je dirai fonce, parce que c’est un beau challenge et un beau défi à relever. Par contre je dirai que le profil scientifique c’est important et faut pas le négliger. Par contre la technique ça fait pas tout et faut savoir bien s’entourer. Nous voila on a un profil très technique et on très reconnaissante d’avoir pu être entouré de personnes notamment au niveau comptabilité, au niveau administratif. Je pense que c’est important de bien s’entourer sur les différents aspects de la gestion de l’entreprise.

R : C’est vrai que l’entreprise est large au niveau des décisions que l’on peut prendre chaque jour.

M : Exactement c’est assez stimulant et formateur, mais il ne faut pas l’oublier.

R : Écoutez Marie merci beaucoup pour ces quelques échanges. De toute façon l’on continuera cette série d’interviews auprès d’autres dirigeants. Donc mille mercis et puis à très bientôt et bonne continuation.

M : Merci à vous à très bientôt.

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